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[Lettres fictives de poilus]
[Des mots sur les maux de la guerre]
[Lettres fictives de poilus]

            Hier a été un jour horrible. Nous sommes partis des milliers de soldats et nous sommes revenus cinq cents. J’ai une chance énorme d’être encore là. Voir ses camarades tomber et ne rien pouvoir faire pour eux, c’est horrible. Il y avait tellement de corps qu’on devait marcher dessus. On ne pouvait même pas les reconnaître à cause de leur gueule cassée.

            Malheureusement mon seul ami est mort hier d’une balle dans le cœur. Il ne sera plus avec moi pour vivre cette épreuve atroce. La seule chose qui peut me réconforter, c’est la pensée de te revoir car tu me manques énormément.


Extrait de la lettre d’un poilu à sa femme par Mattis Granon

 

Ma chérie,


            Aujourd’hui, nous avons lancé l’assaut. Ce fut terrible. A 8h00 nous sommes sortis des tranchées sous le feu des Allemands, notre colonel nous menait avec courage. Nous avancions difficilement. Nombre de mes camarades furent tués dans cette stupide offensive. A 9h15 nous étions à vingt mètres des tranchées allemandes. A 9h16 notre colonel fut tué et à 9h17 nous battîmes en retraite. En 1h17 minutes nous avons perdu 4 sections soit 234 hommes.

            De retour dans les tranchées, après ce massacre, mon camarade Josef Lamathe fut appelé pour rédiger un rapport, personne ne l’a vu revenir.


Extrait de la lettre de Jean à sa femme par Martin Chaix

 

Dans les tranchées, 9 mars 1915

Chers enfants,

            Comment allez-vous ? Moi, je vais comme je peux. Mais je ne peux pas exactement vous dire pourquoi à cause d'une nouveauté : la censure. […]  Ah oui ! Vous vouliez que je vous raconte un assaut ? Eh bien je ne peux pas vous dire grand chose... En tous cas sachez que l'assaut est un acte qualifié d’héroïque si on le réussit. Mais je peux vous dire que l'assaut est un acte perdu d'avance, qui ne sert qu'à faire mourir des camarades inutilement.

            Les officiers sont tellement sûrs que nous allons mourir qu'ils nous demandent de mettre nos objets de valeur, dans un petit seau et si nous ne revenons pas ces objets sont redistribués.

            J'oubliais, votre petit cadeau m'a fait très plaisir ! Cette chose pourtant si petite sert à redonner le sourire à des hommes comme moi. Il a apporté un peu de chaleur à mon cœur dans cet univers rempli de sang.

Toutes mes pensées vont vers vous,

Gustave GUIFFARD

Extrait de la lettre de Gustave à ses enfants par Blanche Guiffard

Ma chère femme,


J'ai peur, peur de repartir dans ces couloirs de terre où la mort nous appelle à chaque seconde.

Tu me manques beaucoup, ta lettre précédente m'avait donné l'envie de me battre, d'aller de plus en plus loin.

A présent je veux que tout s’arrête, qu'on en finisse avec cette guerre absurde et inutile !


Extrait de la lettre d’Henri à sa femme par Marianne.


  

Mon cher ami,

            Comment te portes-tu ? Du fond de ma tranchée boueuse, je ne peux pas m’empêcher de me demander quel est le moral d’une personne à l’arrière recevant une lettre écrite du front. Sans doute a-t-elle peur d’apprendre le décès de son frère, son père, son mari, son ami. Ne t’en fais pas trop pour moi. J’ai encore mes quatre membres, et ma cervelle est intacte. Excuse ma façon de m’exprimer. Mon but n’est pas de te choquer, loin de là. Seulement ici, entre soldats, on ne prend plus la peine de s’attarder sur les susceptibilités que nos mots peuvent heurter. Nous ne sommes cependant pas vulgaires ou grossiers… juste réalistes. Il faut dire que, lorsqu’on côtoie la faim, le froid, la tristesse et enfin la mort tous les jours, se voiler la face devient plus fatigant qu’autre chose.

            Après tout, que se passera-t-il après cette guerre ? Crois-tu vraiment que la souffrance, la colère et cette immense peur partiront aussi rapidement qu’elles nous ont gagnés ? Je crains que ça ne soit pas si simple. […]


Extrait d’une lettre d’un poilu à un ami par Zélie Martinez

Verdun le 3 novembre 1918

Ma chère Mathilde,

            Je dois te dire, qu’aujourd’hui est mon dernier jour, à moins d'un miracle, mais je ne crois pas aux miracles. J'ai été condamné au peloton d’exécution pour « fuite devant l’ennemi » alors que je m’étais juste retourné pour aider un camarade blessé par un éclat d’obus. Le sang de sa jambe coulait à flots autour d'un éclat de métal brûlant. Je lui fis un pansement avec l'une de mes manches, le pris sur mon dos et le ramenai dans la tranchée sous une pluie d'obus. A chaque seconde, je me demandais si j'allais être tué. Mais je savais que si j’abandonnais mon camarade, il allait mourir, alors je continuai. Une fois arrivé à la tranchée, les médecins s’occupèrent du blessé. Deux jours après, j’appris que mon protégé était mort d'une hémorragie.

            Je dois dire que durant toutes ces années d'enfer, j’avais pensé à différentes manières de mourir, mais jamais, je n'aurais imaginé que cela se termine ainsi. […] Ma chère Mathilde, je dois te demander de ne pas pleurer et de continuer à vivre pour raconter mon histoire.

Ton doux Émile qui t'aura aimé jusqu'à son dernier souffle.


            Le miracle n’arriva pas et Émile mourut une semaine avant la fin de la guerre. Sa femme ne versa aucune larme mais se suicida la veille du 11 novembre 1918 en laissant ces mots :« Pardon mon doux Émile, je n'ai pas pu honorer ta demande, il faut croire que mon amour était moins fort que le tien ».


Extrait de la lettre d’Emile Gallois à sa femme Mathilde par

Oscar Sumera

Mon cher ami,

            Je t’écris pour te donner des nouvelles du front. Hier on a lancé un assaut sur le front ennemi sans succès, seulement un quart des soldats envoyés sont revenus . Dans cette bataille j’ai perdu Joe et Frank, deux très bons amis, peut-être te rappelles-tu d’eux. Notre colonel de tranchée est gravement blessé, il est retourné à l’arrière. Bernard, si je ne reviens pas, surtout ne me pleure pas car je ne suis qu’un simple soldat vivant entouré d’une demi-armée de morts.

            Un compatriote s’est fait fusiller car il a insulté le maréchal ! C’est intolérable ! Nous ne sommes pour eux que des pions sur l’échiquier de l’enfer et eux sont les joueurs. […]

            Je te promets, je rentrerai vivant… je te le jure !

Jean-Georges, ton fidèle ami


Extrait d’une lettre de Jean-Georges à son ami Bernard par Antonin Brunel

            À 5H30 plusieurs explosions d’obus de gros calibre perturbèrent notre sommeil. Les obus volaient dans tous les sens. A droite, à gauche, au dessus des tranchées. Le vacarme était assourdissant. La terre vibrait sous nos pieds. Le froid, la peur, l’angoisse se lisaient sur les visages de mes camarades.

            Soudain un obus plus puissant que les autres déchiqueta mes cinq compagnons. La terre prit la couleur rouge du sang des hommes. Le froid envahissait mes membres. L’offensive terrestre débutait et je me mis à tirer sur des ombres germaniques bien décidé à venger mes chers compagnons.

            Ma tendre épouse j’aimerais tant te serrer dans mes bras, la guerre est une horreur et je suis désolé de te décrire un si grand désastre humain.

            Je t’embrasse tendrement.


Extrait de la lettre d’un poilu à sa jeune épouse par A. C.

            Hier, tu sais que j'étais à l'arrière depuis huit jours et que je revenais en première ligne, j'étais démoralisé. Mon barda paraissait peser plus de cent kilos. Tout d'un coup, le colonel Ernest sort de la tranchée et crie : « A l'assaut ! ». Tout le monde le suit. Ah, qu'est-ce-que j'aurais aimé ne pas être là, pouvoir partir de cet enfer... Là, sur le no man's land, alors que nous courons, les obus boches s'abattent sur nous, les ennemis font feu de barrage. Mes amis de tranchée, Raymond, Jean, Jacques, Gérard, meurent à côté de moi : une explosion les a surpris. Moi, j'ai envie de pleurer, de m'effondrer, mais je suis condamné à continuer d'avancer, comme une gazelle impuissante poursuivie par des lions d'acier. Enfin, nous arrivons à la hauteur des barrières de la tranchée allemande. Quel massacre... Pendant que nos essayons de couper ces maudits fils barbelés, les Boches nous descendent un à un. Nous ne sommes plus qu'une cinquantaine à pénétrer dans la tranchée. S'engage alors une bataille au corps à corps à la baïonnette. Nous nous faisons écraser, cet assaut est un énorme échec. Le colonel Ernest, qui fait partie des derniers survivants, commence seulement à sonner la retraite alors que nous ne sommes plus que cinq ! Les cadavres sont partout, français comme allemands. C'est un spectacle effroyable qu'aucun homme au monde ne devrait voir dans sa vie.


Extrait de la lettre de Marcel Pivot à sa femme Germaine par Mathias Herse

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Lettres fictives de poilus pour célébrer

 

le centenaire de la guerre 14-18

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16 Lettre d’un poilu à un ami par Zélie Martinez

Mon cher ami,

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15 Lettre d’Emile Gallois à sa femme Mathilde par

 Oscar Sumera

Ma chère Mathilde,

            Je dois te dire, qu’aujourd’hui est mon dernier jour, à moins d'un miracle, mais je ne crois pas ..........

12 Lettre de Marcel Pivot à sa femme Germaine par Mathias Herse

            Hier, tu sais que j'étais à l'arrière depuis huit jours et que je revenais en première ligne, j'étais .........

  

14 Lettre de Jean-Georges à son ami Bernard par Antonin Brunel

Mon cher ami,

            Je t’écris pour te donner des nouvelles du front. Hier on a lancé un assaut sur le front ...........

11 Lettre d’un poilu à sa femme par

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